Téléphonie suisse : Les méfaits de la pseudo-concurrence

A la demande (presque) générale, voici l’article parru dans l’Hebdo au sujet de la téléphonnie en Suisse.

TELEPHONIE
Les méfaits de la pseudo-concurrence
Par LINDA BOURGETCYRIL JOSTLUC DEBRAINELINDA BOURGET – Mis en ligne le 01.02.2012 à 11:27
Les tarifs suisses de téléphonie sont invariablement plus chers qu’en Europe. Une situation qui tient essentiellement au statut de Swisscom, qui domine le marché depuis la libéralisation. Numéro 2 du marché suisse de la téléphonie mobile, Sunrise se bat pour gagner des parts de marché. Selon son directeur Oliver Steil, la position dominante qu’occupe Swisscom est problématique.

Un véritable «paradis» pour les investisseurs. C’est ainsi que Georgios Ierodiaconou, analyste auprès de la banque Citi de Londres, définit Swisscom, l’une des valeurs vedettes de la Bourse suisse. Coté depuis 1998, l’opérateur historique helvétique, fruit du démantèlement de Télécom-PTT, offre en effet à ses investisseurs un rendement sur action très attractif de 6,2% en 2011. Des résultats qui tiennent essentiellement à deux facteurs: une domination écrasante du marché (et des prix élevés qui lui permettent d’engranger de généreux bénéfices.

Ainsi la Suisse semble-t-elle terriblement éloignée du marché français: le séisme provoqué dans l’Hexagone par l’offre du patron de Free Xavier Niel (lire ci-dessous), s’est arrêté net à la frontière de Bardonnex. Alors que nos voisins ont désormais le choix d’une offre mobile illimitée à 19,99 euros par mois (24 fr. 10), Swisscom propose une prestation semblable à… 169 francs – tandis que Sunrise est à 120 francs et Orange à 100. Une situation que rien ne semble prêt à faire bouger, en raison de la structure si particulière du marché helvétique. Un marché sur lequel la concurrence ne déploie toujours pas d’effet satisfaisant.

Entrée difficile. Pendant que Free s’occupe à casser les prix, Swisscom s’affaire a contrario au développement de ses infrastructures. Il faut dire que le leader suisse du marché affiche une marge EBITDA (voir infographie en page 48) qui le lui permet: celle-ci atteint 44,4%, quand ses challengers n’affichent qu’un modeste 26%. Sans compter que cette marge se rapporte à un volume d’affaires autrement plus important pour le numéro un que pour les deux suivants.

«Grâce à un budget d’investissement d’environ 2 milliards par an, Swisscom dispose d’un avantage concurrentiel», détaille Oskar Schenker, analyste chez Sarasin. «Elle peut investir dans les réseaux de nouvelle génération comme la fibre optique ou la 4e génération de téléphonie mobile. Tandis que la concurrence est en partie dépendante de ses infrastructures.» Une manière de maintenir une longueur d’avance prise au moment de la libéralisation, en 1998. De fait, l’opérateur historique disposait déjà de 1265 antennes – érigées sur la plupart des meilleurs emplacements du pays – et d’une importante base de clients.

«Quand les concurrents sont arrivés, la barrière d’entrée sur le marché était très développée, parce que l’opérateur historique était déjà actif depuis des années dans la téléphonie mobile. Les nouveaux venus ont donc dû consentir des efforts et des investissements exceptionnels pour mettre en place leur propre réseau et se faire une clientèle», commente Fulvio Caccia, président de l’Association suisse des télécommunications, qui fut aussi le premier président de la Commission de la Communication (la ComCom, à ne pas confondre avec la Comco qui est la Commission de la concurrence).

Inertie. Une dizaine d’années plus tard, la situation n’a guère changé. Swisscom se taille toujours la part du lion dans le gâteau du mobile: 59,4% de parts de marché, contre 20,7% pour Sunrise et 15,5% pour Orange. Elle loue toujours son réseau – fixe ou mobile – à des tarifs que d’aucuns jugent prohibitifs et appartient encore majoritairement à la Confédération (actionnaire à hauteur de 56,94%). Une situation propice aux conflits d’intérêts, sur un marché complètement déséquilibré.

Au point que même le président de la Comco, Vincent Martenet, émet des réserves sur la structure du marché: «Du point de vue de la concurrence, la situation n’est pas pleinement satisfaisante.» Pesant ses mots, il ajoute: «La situation est délicate puisque la Confédération est propriétaire de l’acteur qui domine le marché, tout en étant le législateur qui devrait adapter le règlement pour que la concurrence soit plus efficace. Il peut donc y avoir des intérêts divergents.»

Pour faire face au problème, la Comco, la ComCom et Monsieur Prix ont tapé du poing sur la table en 2008. Les trois entités ont écrit au Conseil fédéral, exigeant certains aménagements afin de garantir une meilleure concurrence dans le secteur. Les revendications étaient très claires: donner davantage de moyens à la ComCom, pour que celle-ci puisse exercer une surveillance plus efficace.

«La loi sur les télécommunications doit être modifiée de sorte que les prix d’interconnexion et les prix d’accès (aux réseaux déjà existants, ndlr) puissent être vérifiés d’office par la ComCom», réclamaient- ils. Une modification qui, concrètement, devait permettre d’«empêcher les fournisseurs de s’entendre sur des prix et de freiner ainsi la concurrence».

Statu quo. La démarche a fait l’objet d’une motion mais le Conseil national l’a rejetée, privant les organismes de surveillance d’un outil dont ils estiment avoir besoin. Pourtant, dans son rapport sur le marché des télécommunications de septembre 2010, le Conseil fédéral pointe les mêmes manquements. «Le marché suisse de la téléphonie mobile est marqué par une certaine forme d’inertie et par un rapport de force inégal entre les divers prestataires. Pour donner un peu plus d’élan au marché, il aurait fallu que la ComCom disposât de moyens d’intervention un peu plus incisifs», dit le rapport. Malgré son constat, le gouvernement n’a toutefois pas souhaité rouvrir le dossier de la loi sur les télécommunications (révisée en 2007). Un statu quo que déplore Vincent Martenet: «Nous n’avons pas d’outil nous permettant de scinder une société comme Swisscom. Dans ces conditions, nous estimons que la régulation du secteur est très importante car c’est elle qui, en fin de compte, permet de fixer un cadre aux acteurs du marché et de les discipliner.»

«LA CONCURRENCE N’EST PAS PLEINEMENT SATISFAISANTE.»
Vincent Martenet, président de la Comco

«Vache à lait». «Du côté du Parlement, il n’y a absolument aucune volonté de faire évoluer la situation, déplore Fulvio Caccia. Il ne faut pas oublier que pour beaucoup, Swisscom est perçue comme une magnifique vache à lait!» Sous la Coupole, Markus Hutter (PLR) confirme: «Ce thème n’est pas considéré comme prioritaire et il est impossible de trouver des majorités pour changer la donne», explique le président de la Commission des transports et des télécommunications du Conseil national. Et ce, même si plusieurs voix sont critiques: «Swisscom bénéficie d’une rente de situation», attaque par exemple le conseiller aux Etats Filippo Lombardi (PDC), estimant que «cela a toujours été toléré par le monde politique, dans la mesure où Swisscom est vue comme faisant partie de la Confédération». Son collègue This Jenny (UDC) abonde: «Sur ce marché, Swisscom peut faire plus ou moins ce qu’elle veut.»

Seule la gauche semble faire preuve de plus de compréhension. A l’instar de Géraldine Savary (PS): «Le marché est trop étroit pour avoir une vraie concurrence mais cette situation n’est pas forcément négative», estime la sénatrice. Le rapport complémentaire du Conseil fédéral sur la télécommunication attendu ce printemps devrait permettre de voir si la situation est susceptible d’enfin se débloquer. «En Suisse nous sommes parfois un peu schizophrènes, sourit Fulvio Caccia. Nous pouvons très bien prêcher la libéralisation mais nous accommoder d’une situation toute différente.»

En attendant que ceux-ci se décident à bouger, Stefan Meierhans, alias Monsieur Prix, entend remettre la pression. Notamment en demandant une baisse des tarifs de location des infrastructures, dans le but de permettre aux opérateurs de réseau mobile virtuel (MVNO), tels que Lebara ou feu Tele2, d’avoir accès aux infrastructures existantes à des prix raisonnables. En espérant que la démarche aura plus de succès que celle de 2008.

«CETTE SITUATION N’EST PAS FORCÉMENT NÉGATIVE.»
Géraldine Savary, conseillère aux Etats socialiste

Marché pétrifié. De leur côté, les opérateurs – Swisscom compris – réclament une concurrence accrue. C’est d’ailleurs à ce titre que l’opérateur historique s’était montré favorable à la fusion d’Orange et de Sunrise – rejetée par la Comco il y a deux ans. «Un opérateur unique aurait été mieux armé pour lutter contre nous, puisque plus un acteur est grand, plus les économies d’échelle sont importantes», martèle Christian Petit, responsable de la clientèle privée de Swisscom.

«NOUS POURRIONS JOUER LA GUERRE DES PRIX, MAIS CE SERAIT DANGEREUX.»
Christian Petit, responsable clientèle privée Swisscom

Autant de paramètres qui ont pour conséquence un marché pétrifié dans un étrange équilibre, empêchant entre autres choses tout mouvement significatif sur le plan des prix. En effet, la puissance financière de Swisscom lui permettrait, si elle le souhaitait, de baisser ses tarifs de manière à mettre Orange et Sunrise à terre. Les deux opérateurs ont en effet été récemment rachetés par des fonds d’investissements britanniques sur lesquels ils ne peuvent pas s’adosser pour mener une guerre des prix – qui engendrerait des pertes pendant des années. «Nous pourrions théoriquement jouer ce jeu [de la guerre des prix]. Mais ce serait dangereux, car le régulateur interviendrait alors sans doute et ce n’est pas ce que nous souhaitons», explique Christian Petit. Réciproquement, les adversaires n’osent pas agresser le numéro un, de peur de provoquer une riposte trop douloureuse (lire l’interview du directeur de Sunrise ci-contre). Personne n’est donc disposé à lancer les hostilités sur ce plan, se réfugiant dans une forme d’entente tacite. «Le risque de collusion est fort vu le petit nombre d’acteurs sur le marché. C’est d’ailleurs pour éviter que celui-ci soit encore plus grand que nous nous sommes opposés au projet de fusion de Sunrise et d’Orange», juge Vincent Martenet.

Mais même à trois, les opérateurs semblent de facto bouger de manière synchronisée. «Il est intéressant de constater que les trois opérateurs ont, d’entente, abaissé de manière significative leurs prix de terminaison après que le Conseil fédéral eut examiné dans son rapport la possibilité de donner plus de pouvoir à la ComCom. Alors que ces prix n’avaient pas bougé pendant très longtemps», observe Philipp Metzger, vicedirecteur de l’Office fédéral de la Communication.

Pouvoir des clients. Un comportement marquant, alors que les opérateurs – Swisscom en tête – s’affrontent mollement sur le volet des tarifs. «Nous investissons 400 à 500 millions de francs par an dans des baisses de prix. Toutefois, la stratégie de Swisscom n’est pas celle des tarifs les plus bas. Nous mesurons la satisfaction de nos clients au niveau du service et du réseau par rapport au prix plutôt que de nous centrer seulement sur les prix. Financièrement, cela ne serait pas intéressant pour nous, puisque nous voulons investir massivement dans les infrastructures», concède Christian Petit. Vu l’inertie de la situation, la seule force susceptible de la faire évoluer semble être la volonté des clients. «Il faudrait un bras de fer entre le client et les utilisateurs», estime Murat Kunt, professeur honoraire à l’EPFL qui observe l’évolution des télécommunications depuis des décennies. Et la marge est considérable: d’après une récente étude de comparis. ch, les Suisses économiseraient 2,3 milliards de francs s’ils optaient systématiquenent pour les forfaits les plus avantageux pour eux.


La bataille des opérateurs français

Xavier Niel, salutaire électron libre

«Vous êtes des pigeons! On vous presse comme des citrons! Vous vous faites défoncer!»… On rêverait qu’un nouvel opérateur apostrophe ainsi les abonnés de la téléphonie mobile en Suisse. Las, et même hélas: ce langage impoli n’a pas cours dans le pays du natel hors de prix. En revanche, il était bien celui tenu le 10 janvier dernier à Paris par Xavier Niel à l’annonce d’un tarif qui divisait par deux la facture moyenne d’un mobile en France. Xavier Niel, 44 ans, était alors seul en scène, un peu à la manière d’un Steve Jobs. Un peu, car le patron de la société Free Mobile n’a pas l’éducation, l’intelligence technologique ou le flair visionnaire du gourou d’Apple. Il n’invente rien, s’intéresse surtout aux affaires à faire et traîne quelques petites casseroles, comme ses débuts dans le minitel rose et les peep-shows. En revanche, personne ne songerait à lui contester son intelligence stratégique dans les nouvelles technologies de la communication, voire les anciennes (Xavier Niel a racheté en 2010 avec Pierre Bergé et Matthieu Pigasse le quotidien Le Monde). Il en a les moyens: 8e fortune de France, Xavier Niel est, via son entreprise Free, l’un des principaux fournisseurs d’accès à l’internet en France, le roi de l’offre combinée ADSL – téléphone fixe – télévision et un investisseur très actif dans les start-up. Sa démagogie à haut débit a fait des merveilles lors de la présentation de Free Mobile, quatrième opérateur 3G dans le pays d’Orange, SFR et Bouygues. France Télécom (Orange) a été contraint de préciser peu après l’annonce: «Non, nous ne sommes pas des escrocs.» Lancé sous la bannière de «l’illimité» (appels, SMS, MMS, internet), le forfait de Free a visé dans le mille, s’attirant des abonnés par centaines de milliers, et la sympathie des foules pour le franctireur. Du coup, les concurrents roués de Free ont baissé leurs tarifs, ce qui risque de freiner l’engouement pour le nouveau venu. Si des doutes subsistent sur la qualité de son service, ou sur le futur de son infrastructure louée au prix fort à Orange, la leçon est à retenir: rien de mieux qu’un électron libre pour casser les noyaux durs.

PROFIL-XAVIER NIEL

Né en 1967, l’entrepreneur français s’est lancé dans le minitel dès 1984 avant d’investir dans l’accès à l’internet dès 1995. Il est le stratège d’Iliad, le groupe qui chapeaute l’entreprise Free.


Numéro 2 du marché suisse de la téléphonie mobile, Sunrise se bat pour gagner des parts de marché. Selon son directeur Oliver Steil, la position dominante qu’occupe Swisscom est problématique.

Interview Oliver Steil, CEO Sunrise – "Il y a des conflits d’intérêts"

Une offensive telle que celle de Free en France serait-elle envisageable sur le marché Suisse?

Ce serait difficile. Le marché suisse diffère fondamentalement de celui des autres pays européens. Essentiellement en raison de ce que veulent les clients suisses – et pas de ce qu’ils disent vouloir. Il y a quatre ans, Sunrise a fait plusieurs pas dans la direction des baisses de prix si souvent demandées. Cela n’a pas payé: les gens comparent constamment les prestations du challenger à celles de Swisscom. Pour augmenter nos parts de marché, nous devons donc offrir un bon réseau, des transferts de données rapides et un excellent service clients plutôt que de casser les prix – ce qui implique forcément de rogner sur la qualité.

Se positionner sur le bon marché ne fonctionne donc pas en Suisse?

Effectivement. Nous nous sommes par exemple battus ces trois dernières années sur le marché de la connexion internet. Eh bien, le souci des gens n’était pas de savoir que nous étions moins chers que les autres. C’était que nous n’offrions pas de télévision, contrairement à d’autres. Nous avons donc finalement mis en place une offre de télévision, qui démarre très fort.

Vous dites être obligés de miser sur la qualité, ce qui exige d’importants investissements dans les infrastructures. Or, sur ce point, Swisscom a une grande longueur d’avance…

Oui. Dans un processus de libéralisation, le délai entre le moment où l’opérateur historique se lance dans la téléphonie mobile et le moment où les concurrents peuvent pénétrer ce segment est crucial. Or, en Suisse, celui-ci a été très long. Lorsque le marché s’est ouvert, l’ex-monopoliste avait déjà des milliers d’antennes – dans les endroits les plus stratégiques – et deux millions de clients parmi lesquels l’essentiel de ceux qui dépensent sans compter. Une situation qui permet d’accumuler des profits énormes et qui pénalise les nouveaux arrivants.

Dix ans plus tard, l’environnement permet-il une compétition équitable sur le marché de la téléphonie mobile?

Bien sûr. Mais l’avantage historique de l’ancienne régie prévaut pour ainsi dire toujours. Voyez le marché du fixe: elle a eu le monopole sur le fil de cuivre pendant très longtemps. Celui-ci a finalement été dégroupé et l’on pourrait dire que tout est plus ou moins en ordre d’un point de vue légal. Mais le prix que nous payons pour ce dernier kilomètre est outrageusement élevé comparé aux standards européens. Autre exemple: Swisscom est le fournisseur numéro un des autorités publiques. Est-ce une pure coïncidence, ou cela a-t-il à voir avec le fait qu’elle appartient majoritairement à l’Etat?

Il y a conflit d’intérêts?

Oui. Quand l’une des trois entreprises qui se disputent le marché de la téléphonie mobile vous appartient et que, selon la régulation, vous êtes censé rendre la concurrence plus intensive, la question du conflit d’intérêts doit être considérée.

Avez-vous des soutiens politiques qui relaient votre message?

Nous avons des appuis politiques. Des gens qui veulent une réelle ouverture du marché. Mais bien sûr, la plupart des autorités et des parlementaires sont de facto clients de notre concurrent. Le conflit d’intérêts va jusque-là.

Même si la Confédération vendait ses parts, la domination de Swisscom est telle aujourd’hui, que cela ne résoudrait pas votre problème…

Les moyens de régler le problème existent. Le prix du dégroupage (accès au fil de cuivre vendu par Swisscom aux autres opérateurs, ndlr) est par exemple un levier qui peut permettre de faciliter la vie des challengers – à condition de le vouloir. Quand on choisit de faire payer 5 ou 15 francs pour l’accès au fil de cuivre – que Swisscom a déjà amorti – on décide d’une distribution du profit, plutôt du côté de l’acteur historique ou des concurrents. A la base, Swisscom demandait 31 francs pour ce dégroupage! Aujourd’hui nous payons 15 fr. 80. Mais il nous a fallu cinq ans de procédures pour en arriver là, sans compter que cela reste deux fois plus cher que dans certains pays européens. Et cela réduit ce que nous pouvons investir pour gagner des parts de marché.

Swisscom a des marges beaucoup plus importantes que celles de Sunrise (ou d’Orange). Si elle baissait beaucoup ses prix, elle pourrait vous écraser n’est-ce pas?

Elle le pourrait. Si elle baissait fortement ses prix, cela nous ferait très mal. Nous ne pouvons donc pas imaginer de réduire nos prix de 20% car cela grèverait notre EBITDA (marge, ndlr) et la contre-attaque pourrait être trop violente. Nous devons être malins.

Malins?

C’est, finalement, surtout sur notre positionnement et la qualité de nos services que nous pouvons jouer. Notre part de marché est trop petite pour que nous soyons un véritable contrepoids.

Vous avez pourtant progressé à 20,7% (mobile) ces dernières années. Quand serez-vous assez grands?

Tant que le premier acteur détiendra 60% du marché, seul un concurrent unique avec 40% de parts de marché sera à même de dégager la puissance financière permettant de le contrer. A l’instar de ce qui se passe avec Coop et Migros dans le commerce de détail. Lorsque l’un des deux lance l’offensive sur un segment, l’autre se doit de contre-attaquer. Et il a les moyens de le faire.

La Comco a enterré l’idée d’une fusion entre Sunrise et Orange. Dès lors, quelles sont vos perspectives?

Notre stratégie est de déployer un portefeuillede prestations complet avec téléphonie mobile, fixe, internet et télévision de manière que nos clients puissent tout avoir chez nous.

PROFIL – OLIVER STEIL

Agé de 40 ans, cet Allemand est le CEO de Sunrise depuis juin 2010. Auparavant, il a dirigé Debitel, la troisième entreprise de télécommunications d’Allemagne, et travaillé chez le consultant McKinsey & Company, Inc.

Source

  2 comments for “Téléphonie suisse : Les méfaits de la pseudo-concurrence

  1. 17 février 2012 à 17:38

    Ciao Stefano,

    je suis abonné Free depuis que nous nous sommes installés à Sainte Maxime.
    Tout se passait bien jusqu’au lundi 6 février, Vanessa regardait la télé et tout à coup
    plus de connexion !

    J’appelle Free aussitôt, avec patience parce que pour les joindre c’est l’aventure !
    Aujourd’hui 17 toujours rien ! Usurpation de ligne, problème technique et j’en passe.

    Je te fais pas le récapitulatif des échanges téléphoniques avec le service technique.

    Le raccordement à été effectué le 15 par France Telecom, plainte à été déposée
    et nous eh bien toujours en attente. Bref en un mot SAV de mer..

    Si je peux t’envoyer ce billet, c’est parce que j’ai pu me connecter chez ma voisine en wifi.

    Je te souhaite une excellente journée et gros bisou à tous.

    Albin

    PS Sinon Free c’est bien (quand ça fonctionne) !

    • 18 février 2012 à 10:31

      Salut Albin,

      On peut voir ici les méfaits des prix assassins de Free. Le plus gros centre de coût pour un opérateur est (comme pour la grande partie des entreprises) les ressources humaines.
      Afin de gérer un grand nombre de cleints et/ou de requêtes, il devient impératif que le service à la clientèle soit à la hauteur et pour ce faire il faut les ressources nécessaire.

      Free a fait le pari d’accueillir un très grand nombre de clients supplémentaires sans forcément engager plus de main d’oeuvre… Pari pas payant… pour les clients…

      J’espère que tout se réglera vite pour vous… ;-) A bientôt

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