Voici une réflexion personnelle, mais combien réelle sur ce qui pousse une personne à choisir le forfait de son téléphone mobile pour en définir le prix d’achat.
Quand j’ai débuté dans ce business, on achetais un mobile 600.- ou 700.-, un abonnement coûtait entre 25.- (natel suisse) et 75.- (natel internationnal) et le prix à la minute revenait entre 59cts et 79cts la minute. Aujourd’hui les premiers prix des mobiles sont à 0.- et la minute coûte 35cts à 45cts, voir 50cts de l’heure, donc OUI le prix de la minute à baissé.

Lorsque je travaillais dans un magasin de mobile, le client se souciait plus souvent du montant qu’il allait devoir payer pour son mobile que du prix du forfait. Ca réflexion était (et est toujours d’ailleurs); quel forfait et pour quelle durée dois-je prendre pour bénéficier du meilleur prix pour ce portable. Ce raisonnement est mis en place car le client pense faire une bonne affaire en prenant le mobile à 0.- et le finançant avec le forfait mensuel. Mais cette méthode est complètement erronée car le prix du forfait n’est pas un moyen de financer l’achat du téléphone.
L’opérateur créé et fixe les prix de ses forfait avec une réflexion comptable et financière car l’opérateur est une entreprise privée avec une vocation de profit tout simplement. Aucun opérateur n’a de logique de service publique. S’il fait ce business c’est pour faire de l’argent, donc faire souscrire un maximum de clients à ses services. Pour cela il propose des offres mobiles à un prix qui est en adéquation avec la durée et le prix du forfait. Sachant que le prix du forfait est calculé non pas en fonction du téléphone mobile mais selon les libertés offertes sur son réseau par le-dit forfait (minutes gratuites, sms offerts, etc).
Swisscom propose sont forfait BeFree à 169.- car c’est ce qui a été calculé pour couvrir les frais de réseau, du service à la clientèle et des charges fixes (shops, salaires, systèmes informatiques, etc) ainsi que sa marge (il faut bien faire du bénéfice!). En calculant ce forfait et sa marge, couplé à une durée de 12 ou 24 mois, l’opérateur fixe le prix du mobile. La couverture du prix du mobile fait donc partie d’une infime partie du calcul d’un forfait et de son offre mobile.
Donc si l’on a d’un côté un opérateur qui calcule le prix du forfait en fonction de ce qu’offre ce forfait en terme de télécommunications pures et de l’autre un client qui est persuadé que le calcul du prix du forfait est fait à 100% en fonction du prix du mobile, il y a un décalage !
Après plus de 12 ans passé dans les canaux de vente des opérateurs, je peux vous dire que le 80% des clients sont conscients d’avoir un forfait trop gros par rapport à leur consommation réelle, mais ils l’ont prit pour bénéficier d’une offre plus intéressante sur le mobile. Donc d’une certaine manière ils ont accepté de gonfler leur facture mensuelle pour n’avoir rien à payer en sortant du shop!
Exemple :" Je suis un petit utilisateur et je prends un iPhone (car c’est trendy) avec un forfait à 169.-/mois car je ne veux pas sortir d’agent pour un mobile". Six mois plus tard je fustigerait mon opérateur car je paye un saladier chaque mois!
En Suisse nous avons pris l’habitude de ne pas payer pour un téléphone mobile et râlons car les forfaits vendus sont trop souvent disproportionnés à l’utilisation réelle. Lorsqu’une telle analyse est faite seul l’opérateur est mis en cause.
Alors qu’on pourrait vraiment se demander quel est la responsabilité du consommateur dans ce genre de cas?